Poudre de perlimpinpin, un objet insolite

Nous sommes actuellement dans un avion direction Tulare en Californie. Arthur insiste lourdement depuis des semaines pour me présenter l’historienne Kathleen O’Neal Gear, une de ses vieilles amies. A dire vrai, s’en est presque devenu une obsession qui commence à m’agacer. Je ne vois pas bien ce que nous allons y faire. J’ai entendu dire que cette ville est surtout connue pour être l’endroit où maladie “Tularémie” a été découverte… que l’on peut également contracter si l’on ne s’appelle pas Rémi … Je suis relativement déçu de la destination, quand je pense que nous pourrions voler en direction de Durban si je n’avais pas perdu à Pierre-Feuille-Ciseaux, Arthur a toujours été chanceux. Il me faudrait un peu de poudre de Perlimpinpin !

Dimanche 11 janvier 1998

21h00 – Ne plus jamais faire confiance à Arthur pour la réservation d’hôtel en Californie.

Nous voilà au “Charter Inn and Suites”, odeur rance, tapisserie en tissu fleuri et ambiance des plus déplaisantes.Tulare-County-600x450
Je note la présence d’un individu bizarre autant qu’étrange à gauche de l’entrée, assis sur un Rocking Chair pas très rock, d’aspect antique et grinçant de façon répétitive, difficilement supportable. Entre ses jambes, sa bourse. En cuir la bourse. Quand à sa veste : un jogging de mauvais goût.
Sourire béa, l’air extasié, cheveux longs et gras, bandana laid sur le crâne. Sans doute un drogué. Mon don de physionomiste ne me trahi que rarement.
Bien que le confort m’importe peu et ayant connu des couches bien plus spartiates, je signale quand même que le lit de cette chambre est aussi agréable qu’un vieux pull en laine de lama amidonné. Merci Arthur.tulare-hotel-location-top

23h00 – Je viens d’apprendre que nous allons passer la journée entière avec Kathleen demain. Elle doit nous exposer ses recherches sur l’histoire du peuple des loups. Sujet intéressant, je ne vois cependant pas ce qu’elle peut m’apprendre de plus que je ne sais déjà mais bon, faisons confiance à Arthur…

Lundi 12 janvier 1998

01h20 – Impossible de trouver le sommeil. Est-ce la perspective de la journée qui m’attend ou l’air humide de la pièce. Je suis pourtant certain qu’Arthur lui, dort à poings fermés, ou les mains ouvertes, dans la chambre d’à côté.

Note :

  • Concernant la formule pour les pastilles de vision nocturne : vérifier que le rapport rognures de chat et poils de cerf est bien de 20/80.
  • Recommander des tubes à essais Duran à bords étroits.-tulare-01

 

08h30 – Après une courte nuit et un long buffet pour un petit déjeuner aux allures de bataille de Waterloo, nous voilà dans un taxi conduit par Joe, direction les bureaux de Kathleen.
J’ai recroisé l’étrange monsieur aux cheveux sales en sortant de l’hôtel, il m’a à nouveau regardé avec ce sourire rempli de niaiserie (ou de joie). Je pensais qu’il était simple d’esprit, mais pas du tout : ma théorie se vérifie, c’est bien un consommateur de produits illicites.
Cependant je m’interroge. En effet, le mode de prise est pour le moins stupéfiant. La bourse ouverte dans une main, il prend une pincée de poudre de perlimpinpin de l’autre, qu’il jette au dessus de sa tête. La poudre étincelle de milles feux ! Je n’ai jamais vu ça…. J’irai questionner l’homme en rentrant à l’hôtel ce soir. Pour le coup, je suis vraiment intrigué.

12h10 – Pause déjeuner. J’écris discrètement sur le coin d’une petite table d’un grand restaurant, l’Apple Annie’s. Mon dos me démange depuis ce matin. Est-ce une allergie à MME. O’Neal Gear ?  Une grande historienne ? Le courant passe assez peu avec elle. On verra. Elle ne cesse de me couper la parole, mon agacement est total !
Je repense à l’homme au Rocking Chair, ses yeux regardant le monde en riant, et cette curieuse poudre étincelante…Le fameux perlimpinpin ?

16h10 – Je fais semblant d’écrire des notes pour échapper à des discussions que je ne veux pas avoir, cette historienne est barbante, Arthur prend plaisir à discuter avec elle. Est-il amoureux ?

23h50 – Bon sang ! C’est un réel plaisir d’écrire dans ce carnet. Quelle journée merveilleuse, Kathleen est une femme formidable au savoir inépuisable. Arthur est vraiment beau lui aussi !
Oh, je viens de voir passer un papillon de nuit beau comme le jour, sans couleurs certes mais fabuleux, stupéfiant….

Mardi 13 janvier 1998

04h12 – Quelle migraine ! Je relis mes notes et essaye de comprendre les dernières heures…
Je me souviens bien d’avoir trouvé la bourse de l’hurluberlu de l’entrée et avoir jeté une pincée de son contenu au dessus de ma tête. Résultat : Étincelles dans tous les sens et trou noir. Il faut absolument que j’analyse cette merveilleuse poudre de perlimpinpin !

Mercredi 13 janvier 1998

11h00 – Mes premières conclusions après analyse de cette merveilleuse poudre de perlimpinpin que j’ai retestée avec plaisir : la poudre est étincelante, son odeur est comparable à celle de la barbapapa mélangé à du sucre d’orge, ou à de la nectarine fraîche mélangé à l’odeur d’une pluie fine de printemps. J’ai bien l’impression qu’elle contient entre autres de la poudre de fée !

Note :
Envoyer impérativement un échantillon de perlimpinpin au labo !

Vendredi 16 janvier 1998

16h00 – Je viens d’avoir des nouvelles du laboratoire, la synthétisation de la poudre de perlimpinpin découverte à Tulare est confirmée. La stabilisation des effets est définitivement validée.
Après discussion avec Arthur nous avons décidé de la baptiser “poudre de Perlimpinpin”. Arthur voudrait commercialiser ce cadeau original mais pour le moment je m’y oppose. Je changerai peut-être d’avis un jour, qui sait.

il me faut de la poudre de perlimpinpin !

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