Pastilles de lévitation : Une expédition en Inde

Ah l’ Inde ! Une culture plus que millénaire, des traditions ancestrales, des paysages fascinants. Tout dans ce pays n’est que profusion. Ce pays vous assaille, étonne, ravit, dérange : les bruits, les arômes, la foule bigarrée, les couleurs, la pauvreté et la splendeur se côtoient, les montagnes de déchets, les temples d’une beauté à couper le souffle, l’omniprésence de mendiants en état de lévitation et des femmes aux allures de princesses.
Mais aller en Inde sans tester la méditation, c’est comme aller aux Etats Unis sans tester un bon hamburger et un verre de whisky ! Et en revenir avec un cadeau insolite, c’est encore mieux !

Lundi 4 février 2008

9h30 Nous revenons du marché aux épices de Bombay. Nous y avons rencontré un français qui nous a parlé d’un ashram à Jabalpur, pas loin de Allahabad, qui propose différentes formes de méditation, notamment la transcendantale. Nous avons jugé cela intéressant pour commencer et expérimenter cette étrange pratique.b_naramada_temple_jabalpur

15h00 Nous venons de quitter une petite boutique de tissus et vêtements dans le quartier des tanneurs de Jabalpur. En effet, pour entrer dans l’ashram, il est obligatoire de porter une magnifique robe mauve (une couleur qui sied à merveille à Arthur). Nous voilà parés pour cette expédition transcendantale !

18h00– Déception ! Nous avons été refusés à l’entrée. Nous sommes arrivés le mauvais jour. Le lundi est réservé aux “vrais adeptes”, il nous a gentiment été signifié que le jour des touristes était le lendemain. Nous prenons donc notre mal en patience et cherchons alors à apprécier pleinement de cette belle soirée indienne. Je vais en profiter pour faire quelques retouches sur ma robe, selon les dires d’Arthur, elle me boudine !

Mardi 4 février 2008

6h30– Après un petit déjeuner frugal, nous avons enfilé nos robes et attendons le taxi qui doit nous emmener a l’ Ashram. La boule au ventre (un peu comme à la rentrée des classes), nous abordons non sans crainte ce nouvel enseignement totalement inconnu.

8h00– On nous fait patienter dans une petite antichambre. Sur les murs, il y a de magnifiques fresques du XII ème siècle peintes à la main par des générations d’adeptes du yogi Maharishi Mahesh . J’entend des pas, on vient nous chercher, je dois arrêter d’écrire.Maharishi_Mahesh_Yogi3 (1)

11h00– Nous sommes à présent dans la grande salle de méditation, je continue discrètement à prendre des notes dans mon journal. Je ne peut pas arrêter de tout consigner, tant j’ai l’impression que tout ici est irréel. A 10 m devant nous, se tient le gourou Maharishi Mahesh,assis sur un trône doré et finement ciselé, en position du lotus. Les yeux fermés, il récite des mantras avec une voix tantôt grave, tantôt aiguë. L’air de la salle est saturé de fumée émanant de centaines de bâtonnets d’ encens se consumant lentement. C’est une sensation curieuse. Je suis mal à l’aise et à la fois calme et détendu, je n’ai jamais rien ressenti de tel !

15h18– J’ai dû interrompre mes notes, car ce qu’il s’est passé tout à l’heure est tout simplement incroyable !
Alors que j’étais sur le point de m’évanouir sous les effets de ce maudit encens, le yogi s’est soudainement adressé à nous les yeux toujours fermés :” Prenez place devant moi étrangers, je sais qui vous êtes et ce que vous faites ici et quel est le but de votre expédition. Videz votre tête, oubliez tout ce que vous avez pu connaître à l’extérieur, oubliez tout ce que vous allez voir à l’intérieur”.
Arthur, sans doute plus ouvert et réceptif que moi s’est exécuté sur le champ. Pour ma part j’étais plus intrigué par le spectacle qui se déroulait devant moi. Je n’en croyais pas mes yeux! En effet, au bout de quelques secondes, le gourou se mit à vaciller sur son trône, puis il commença à s’élever, il était en lévitation ! Il flottait à 50 cm de son coussin. Stupéfait, je me suis tourné vers Arthur qui lui n’avait pas bougé d’un iota.

Je décide donc de le laisser à sa lévitation, pour observer d’un peu plus près les agissements du yogi. Il continuait à s’élever, il était à présent à plus de 1.50 m ! Fasciné par cette vision extraordinaire, je n’ai pas aperçu tout de suite les minuscules perles de sueur coulant sur le front du vénérable vieillard, cela était sans doute un effet secondaire de sa transe.
Je me suis approché doucement essayant de ne pas éveiller son attention. J’étais tout près de lui quand soudain il m’apostropha sans jamais sortir de son état de concentration. “Auriez vous la gentillesse de m’éponger le front ?”.
Sans réfléchir, j’ai sorti mon mouchoir, suis monté sur un escabeau (il était à présent à plus de deux mètres de hauteur) et j’ai délicatement tamponné le front du yogi.Screen shot 2010-10-24 at 7.03.05 PM
“Merci jeune homme, reprenez votre place, je vous prie, et ne vous avisez plus jamais de vous approcher de moi sans mon autorisation”.
Peu fier de moi, je repris ma place à côté d’Arthur. Au bout de 20 mn, qui me paraissaient une éternité, Maharishi Mahesh amorça sa descente, il reprit sa place sur le trône, prit une longue inspiration et ouvrit les yeux.
Arthur fit de même, il s’inclina vers le gourou dans un mouvement de respect et de remerciement. Je voulus m’excuser auprès du vénérable vieillard pour mon attitude irrespectueuse, mais derrière les volutes de fumées d’encens, le trône était vide !

19h00– Ce soir,à l’hôtel, j’ai questionné Arthur sur ce qu’il s’était passé dans l’Ashram. Il m’a dit qu’il n’avait rien remarqué de spécial, qu’il était en méditation et que j’aurais mieux fait d’en faire autant !
Il est vrai qu’il a l’air complètement détendu et zen, c’en est presque un poil énervant ! Il semble même avoir atteint un niveau de conscience supérieur, comme si une porte spatio-temporelle venait de s’ouvrir à lui, lui révélant d’un seul coup tous les mystères de l’univers. A n’en point douter, il est très réceptif à la méditation. Il n’a donc rien vu de ce qu’il m’avait été donné de voir ! Je lui ai donc donné mon carnet de notes, le temps de prendre une douche, et de faire un brin de lessive, la chaleur et la moiteur ambiante ayant eu raison de mes vêtements.

21h00– Décidément l’Inde, mais surtout cet Ashram sont pleins de mystères ! Tout à l’heure dans la douche, en vidant les poches de mon pantalon, je suis tombé sur le mouchoir avec lequel j’avais essuyé le front du gourou. Je l’ai posé sur le rebord du lavabo, lorsque, comme par magie, le mouchoir se mit à léviter lui aussi ! Il flottait entre deux airs en tournoyant sur lui même.
J’ ai vite appelé Arthur, mais à peine entré, le mouchoir retomba. Arthur a tout de même eu le temps d’apercevoir l’étrange phénomène. Le yogi a du transmettre ses pouvoirs au mouchoir par l’intermédiaire de sa sueur, voilà qui n’est pas banal ! Nous décidons d’expédier le mouchoir à notre laboratoire pour des analyses plus approfondies.lévitation

Samedi 8 février 2008

12h00– Nous venons de recevoir un mail de notre laboratoire. Nos chimistes ont réussi à synthétiser et concentrer les molécules de lévitation. Ils en ont fait des pastilles de lévitation. Les premiers essais sont concluants ! Ça fonctionne à merveille! Merci l’ Inde !

 

 

“Journal d’expédition pastilles de lévitation”

il me faut des pastilles de lévitation !

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