Cabinet de curiosités

Imaginez un monde sans téléphones, télévisions, lecteurs mp3, ordinateurs…. Comment feriez-vous pour divertir vos invités après le dîner sans l’aide d’aucun de ces appareils ? C’est là qu’intervient le cabinet de curiosités ! 


Les cabinets de curiosités étaient la réponse de l’aristocrate qui cherchait à animer les fêtes opulentes mais peu éclairées, organisées pendant la Renaissance italienne. Ils étaient de taille variable, allant d’un petit meuble à plusieurs tiroirs à une pièce entière.

 

Les tiroirs et les étagères abritaient des objets originaux acquis au cours de longs voyages dans des pays lointains. Chaque objet offrait l’occasion de raconter une aventure épique ou, plus souvent, d’en fabriquer une.
Comme tout le monde, les riches aimaient définir leur personnalité par la possession d’objets prestigieux, gages tangibles de leur intelligence, de leur érudition, de leur richesse et de leur goût. Ils avaient déjà compris que les objets précieux avaient du pouvoir sur les gens et que les associations entre les objets de luxe et la personnalité gravaient des impressions durables.

Mais en toute honnêteté, le cabinet de curiosités n’était pas toujours fondé sur la vérité. Les artefacts, les animaux et plantes conservés étaient parfois achetés sur les marchés de Florence et de Rome plutôt que collectés directement par le propriétaire du cabinet. Certains, comme les célèbres sirènes fabriquées en cousant ensemble le torse d’un singe et la queue d’un poisson, étaient des fabrications totalement fantaisistes, plus proches de l’art que de la preuve naturelle.
Mais dans l’ensemble, cela n’avait pas vraiment d’importance. Dans l’esprit, les cabinets n’étaient pas censés être scientifiques, ils étaient un lieu d’imagination dans lequel ceux qui pouvaient se le permettre construisaient leur propre version du monde.
En se tenant au centre de ce mini-univers et en montrant du doigt les objets pour qu’ils révèlent leurs secrets les plus profonds, les collectionneurs ressentaient un sentiment d’aisance et de maîtrise sur un monde qui leur paraissait le plus souvent trop grand, trop confus et trop inhospitalier.

Le cabinet de curiosités dans l’histoire

La première trace de ce qui est aujourd’hui le Cabinet de curiosités provient d’une peinture réalisée en 1599 : la gravure Dell’Historia Naturale de Ferrante Imperato. Dès lors, le Cabinet de curiosités devient de plus en plus populaire à l’époque où le monde entier tombe sous le charme des premières sciences. 

Tant les amateurs que les anatomistes et chercheurs professionnels étaient presque avides de nouvelles connaissances et de découvertes spéciales dans tous les domaines de l’histoire naturelle : oiseaux exotiques, mammifères, insectes et reptiles, organes et squelettes humains, fossiles et trésors des mers profondes, comme les coraux ou les coquillages, étaient examinés.
Le plus souvent étranges et merveilleuses, les découvertes sont parfois devenues absolument fantastiques. 

Par exemple, lorsque les propriétaires de ces cabinets ont présenté ce qu’ils pensaient être une “dent de licorne“, elle s’est avérée finalement comme dent d’un narval.

Cabinet de curiositésL’une des chambres les plus célèbres du XVIIe siècle est celle d’Ole Worm, un chirurgien d’Aarhus et un véritable apprenti des sciences naturelles. Il a amassé une grande collection de curiosités : des objets indigènes à la taxidermie et aux fossiles.
Avec le temps, il a ajouté des gravures à sa collection. Il les compila, avec ses spéculations sur leur signification, dans un catalogue qui, après sa mort, fut exposé dans son musée Wormianum en 1654.
Ces gravures donnent au terme “cabinet de curiosité” sa véritable signification. Ole était le propriétaire d’un animal de compagnie plutôt inhabituel, l’anguille géante, aujourd’hui disparue. Ses illustrations de l’anguille géante sont les seuls documents connus d’un spécimen vivant de cette espèce.

À l’époque victorienne et édouardienne, les cabinets de curiosités n’étaient plus l’apanage des savants ou des scientifiques. Les messieurs aisés qui voyagent beaucoup s’intéressent de plus en plus à la présentation de leurs “connaissances” et de leur expérience en organisant de telles expositions dans leurs grandes maisons de campagne et de ville. Plus cette tendance s’accentue, plus les anciens cabinets de curiosités se réduisent.

Le cabinet de curiosité ou musée ?

Aujourd’hui, ce qui nous rapproche le plus des véritables cabinets d’émerveillement, c’est la visite du musée régional d’histoire naturelle, de nos musées nationaux, comme celui de Londres ou le magnifique musée de Leyde, aux Pays-Bas, ou mieux encore la Boutique d’Arthur et Samson. Le musée Deyrolle à Paris, propriété privée de Louis Albert de Broglie, se présente comme un tel cabinet de curiosités. Une collection fascinante et électrisante de toutes les merveilles de la nature.

Aujourd’hui, le terme “cabinet de curiosités” désigne justement des cabinets, des étagères ou une série de tiroirs remplis de diversité scientifique : reptiles conservés, crânes et squelettes, objets exotiques et animaux taxidermisés.

Alors, réalité ou utopie, réalité ou fake, l’important c’est d’y croire !

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